Coordonné par l’université de Bordeaux et porté par le professeur Maurice Niwese, le projet Former à l’enseignement du français écrit en contexte plurilingue et transeuropéen : enjeux, modèles, pratiques innovantes et inclusives, DIDAFÉ en abrégé, vise à former les enseignants et les futurs enseignants à l’enseignement du français écrit en contexte transeuropéen à travers la production de contenus pédagogiques et scientifiques et la création de dispositifs de formation.
Pour atteindre cet objectif, quatre objectifs opérationnels sont définis :
- (i) circonscrire les politiques éducatives et linguistiques des pays partenaires
- (ii) identifier le rapport aux langues, au français écrit et à son enseignement
- (iii) développer des ressources pédagogiques et scientifiques
- (iv) renforcer les mobilités d’enseignement, de formation et de recherche.
Partenaires du projet DIDAFÉ
Le projet DIDAFÉ réunit six universités : trois françaises (université de Bordeaux, Bordeaux Montaigne et Sorbonne Université) et trois universités des Balkans et de la mer Noire (Bucarest, Novi Sad et Tirana).
Ces universités ont en commun la formation de (futurs) enseignants du français intervenant dans divers contextes et auprès de publics diversifiés : à l’école, à l’université et dans d’autres organismes de formation, publics et privés. En plus de ces universités, DIDAFÉ s’appuie sur plusieurs organismes publics et associatifs, notamment les associations des professeurs du français dans les pays partenaires.
Enjeux à former à l’enseignement du français et du français écrit
La conception et le développement du projet DIDAFÉ, qui réunit des partenaires travaillant ensemble depuis un certain temps, ont fait suite à des expertises croisées qui ont permis d’identifier les besoins :
- de développer des compétences pour l’enseignement du français qui est une langue d’échanges, d’apprentissage et d’ouverture à l’autre ;
- de travailler le français écrit, vu son rôle dans la construction des compétences académiques et professionnelles, ce qui facilite l’inclusion scolaire, sociale et professionnelle ;
- de faire travailler ensemble les acteurs issus de différents domaines disciplinaires et de différentes zones culturelles qui appartiennent à différentes catégories socioprofessionnelles pour que les uns et les autres s’enrichissent mutuellement ;
- de proposer une offre de formation accessible à tous, y compris à des publics éloignés des centres de formation (par exemple, les personnes vivant dans des zones rurales) ;
- de faire évoluer les curricula de l’offre de formation dans les différentes universités partenaires ;
- de pallier le manque de ressources humaines (voire matérielles) pour assurer la formation continue chez certains partenaires qui connaissent une baisse des effectifs d'enseignants du français et de leurs formateurs.
Quatre objectifs complémentaires
Objectif n°1. Connaitre les contextes de l’exercice de l’enseignement du français. Il s’agit de déterminer la place du français en général par rapport à d’autres langues partenaires étrangères et nationales ainsi que celle du français écrit. Le contexte permet de mieux comprendre les logiques qui sous-tendent les pratiques des enseignants, car celles-ci sont toujours socialement et institutionnellement situées. Comme le rappelle Claude Lévis Strauss, quand on néglige le contexte, on rate l’explication. Renforcer les compétences professionnelles des enseignants à l’échelle transeuropéenne passe donc par une analyse fine et comparative des contextes institutionnels d’exercice du métier.
Objectif n°2. Identifier les pratiques effectives ainsi que le rapport aux langues, au français et au français écrit et de son enseignement. S’intéresser au rapport aux langues, au français et au français écrit des enseignants et futurs enseignants s’avère indispensable parce que leur intérêt affectif, leurs conceptions et leurs représentations influencent leurs pratiques d’enseignement : les activités qu’ils proposent aux apprenants, l’accompagnement qu’ils leur accordent ainsi que ce qu’ils peuvent attendre d’eux. Ces conceptions et ces représentations constituent donc des leviers ou des obstacles pour le développement de leurs compétences professionnelles. Les données en lien avec le rapport aux langues, au français, à l’écriture et à leur enseignement sont contrastées avec des pratiques pédagogiques effectives.
Objectif n°3. Développer des contenus de formation. En tenant compte des résultats obtenus avec les objectifs 1 et 2, il s’agit créer des outils, des dispositifs et des espaces permettant le développement et le renforcement des compétences de l’enseignement du français écrit des enseignants et futurs enseignants dans des contextes diversifiés au niveau des publics (natifs et non natifs français), des niveaux de français (débutants, intermédiaires, avancés), des types de français (FLM, FLE, FOS, FOU, DNL) et d’écrits (narratifs, descriptifs, argumentatifs, prescriptifs, explicatifs, etc.), de leurs fonctions sociales (cartes postales, lettres, faire-part, etc.), professionnelles et/ou académiques (note de synthèse, rapport, compte rendu, dissertation, etc.), créatives (poèmes, contes, etc.) et numériques (email, blogs, etc.), des contextes sociolinguistiques (place et usages du français) et des institutions d’intervention (écoles élémentaires, secondaires, universités, associations, etc.).
Objectif n°4. Renforcer les mobilités d’apprentissage, de formation et de recherche. Ces mobilités ont un impact sur le développement des compétences académiques et professionnelles de ceux qui en bénéficient, facilitent la mutualisation des ressources et offrent des opportunités de recherche scientifique conjointe. Dans leur mise en œuvre, les activités du projet DIDAFÉ intègrent des mobilités d’étudiants, d’enseignants-chercheurs, de professionnels de terrain, voire du personnel administratif, qui se retrouvent pour travailler ensemble.
Ces objectifs structurent les activités du projet DIDAFÉ qui sont organisées en cinq modules : le module 1 (de gestion), le module 2 (sur les contextes), le module 3 (sur les pratiques effectives et représentations), le module 4 (sur l’ingénierie pédagogique), le module 5 d’expérimentation.
Pour en savoir plus, se référer à la présentation des modules.
